Du petit Georges au Grand Brassens

Né à Sète en 1921, Georges Brassens est l’une des figures majeures de la chanson française.

Très attaché à sa ville natale, il rejoint Paris où il construit une carrière exceptionnelle, nourrie par des rencontres artistiques déterminantes, des amitiés fidèles et un amour durable.

Poète, auteur-compositeur et interprète au talent singulier, il a marqué son époque par sa liberté d’esprit, son humanité et son œuvre intemporelle, qui continue aujourd’hui d’inspirer et de faire rayonner son héritage.

Si l'on m'enlevait tout ce que les autres m'ont donné, il me resterait peu de choses


Enfance:

Le 22 octobre 1921, Georges Brassens naît à Sète, dans une famille modeste. Il vit une enfance paisible aux côtés d’une mère d’origine italienne et profondément croyante, d’un père sétois attaché à une vision laïque de la société, et d’une demi-sœur de neuf ans plus âgée.

Son goût prononcé pour la chanson lui vient justement de cette période durant laquelle tout le monde chantait. Sa sœur a joué un rôle important dans son ouverture à la culture.

Enfant vif et rêveur, il entre en 1928 au collège Paul Valéry de Sète. En classe de troisième, il rencontre Alphonse Bonnafé, un professeur de lettres qui marque profondément son parcours. Surnommé « le boxeur » pour son passé sportif, Bonnafé lui ouvre les portes de la littérature. Il l’encourage à écrire et lui fait découvrir la poésie, en particulier Villon, Baudelaire, Mallarmé et, bien sûr, Valéry.

1938 - Classe 3ème B

Titre 

Lors d’un voyage à Paris, Georges découvre l’orchestre de Ray Ventura et ses Collégiens. Fasciné, il se passionne alors pour la musique. À Sète, il grandit entouré d’amis fidèles, avec qui il partage des projets artistiques. Parmi eux, Victor Laville, Henri Colpi et Henry Delpont, qui deviendront des figures reconnues dans leurs domaines.

En 1938, une révélation : Charles Trénet. Brassens comprend alors qu’une chanson peut être à la fois légère et profonde, populaire et poétique.

Sans formation musicale, il se met à composer ses premières mélodies, comme Le Bon Dieu est swing ou Souviens-toi du beau rêve. Bonnafé, toujours présent, l’encourage à persévérer.

Pochette de disque avec une illsutrations de Georges Brassesn et différents noms d'interprètes Le Forestier, Renaus, Souchon Cabrel...
© Wagram. 2024

Paris, entre précarité et liberté

En 1940, Brassens s’installe à Paris, chez sa tante Antoinette. Il travaille brièvement comme apprenti relieur, puis manœuvre chez Renault, et passe le reste de son temps sur l’orgue de sa tante et dans les livres. Fréquentant assidûment les bibliothèques publiques, et en particulier celle du XIVème arrondissement, il dévore les recueils de poésie. Ces lectures nourrissent son inspiration pour les décennies à venir.

En 1942, il publie à compte d’auteur un recueil de poèmes, À la venvole, qui passe inaperçu.

L’année suivante, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire STO. Malgré les difficultés, il continue d’écrire. De retour à Paris en 1944, il trouve refuge chez Jeanne Le Bonniec, une amie de sa tante, qui deviendra une figure importante de sa vie, inspirant plus tard plusieurs chansons : La cane de JeanneJeanne, Chanson pour l’Auvergnat

Pochette de disque avec une illsutrations de Georges Brassesn et différents noms d'interprètes Le Forestier, Renaus, Souchon Cabrel...
© Wagram. 2024

Le chemin vers la notoriété

En 1947, Brassens rencontre Joha Heiman, surnommée Püpchen, qui restera sa compagne discrète et fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Malgré des débuts difficiles dans les cabarets parisiens, il persévère.

En mars 1952, il chante devant Patachou, qui, séduite, l’engage immédiatement. Cette rencontre est déterminante : en quelques semaines, Brassens passe de l’ombre à la lumière.

Dès lors, son succès devient fulgurant et ne se démentira plus : en cette seule année 1952, Brassens effectue sa première tournée en compagnie de Patachou et des Frères Jacques, Jacques Canetti le fait passer aux Trois-Baudets et lui permet d’enregistrer ses premiers disques, et il participe à sa première émission télévisée.

En 1953, il triomphe à Bobino. L’année 1954 est celle de la consécration avec plus d’une centaine de représentations dont L’Olympia.

Ses chansons, comme Le Gorille ou Hécatombe, initialement censurées, finissent par être diffusées. En 1964, il est publié dans la collection Poètes d’aujourd’hui.

La Légende 

Outre les ventes de disques en dizaines de millions, Brassens reçoit de nombreux prix durant sa carrière dont le prestigieux Grand Prix de Poésie de l’Académie Française en 1967. Il faut dire qu’il peaufine ses chansons durant des heures, des jours, et même des années, tel un véritable artisan. Cette rigueur proverbiale et son respect du public l’incitent à reprendre maintes et maintes fois ses textes et ses musiques avant de les livrer.

Malgré la célébrité, il reste fidèle à ses valeurs, mêlant tendresse, humour et esprit de révolte.

Georges Brassens s’éteint le 29 octobre 1981, à Saint-Gély-du-Fesc, près de Sète.

Il est enterré dans sa ville natale, entouré de ses proches, sans cérémonie officielle, comme il l’avait souhaité.

Son œuvre, à la fois populaire et poétique, continue de toucher des générations entières.