Un parcours interactif
De Sète à Paris: les débuts de Georges Brassens
L’enfance
Georges Brassens est né à Sète un 22 octobre 1921. Le temps de l'insouciance dans une ville « entourée d’eau et de soleil partout ». Mais la musique est là, présente. « Mon enfance a été une véritable fête permanente de chansons. Depuis que j’existe sur la terre, je ne me souviens pas d’une journée sans musique, sans chanson. ».
De Sète à Paris
Georges Brassens quitte Sète, c'est la « montée » à Paris en février 1940. Il y est accueilli par la Tante Antoinette. Amoureux des mots, il s'adonne à la lecture, surtout à la poésie. Après le STO, il s'installe en 1944 au n°9 de l'impasse Florimont, chez Jeanne et Marcel. Le lieu est vétuste, quasi insalubre : c'est la bohème. Une guitare, une pipe, des livres, des chats, des chiens et, même, une cane, la légende est en marche... « J'ai un sens de l'inconfort tout à fait exceptionnel, je me fous complètement du confort. »
les cabarets
Avec la guitare offerte par le chansonnier Jacques Grello, Georges Brassens tente sa chance dans les cabarets. Mais le public demeure insensible aux textes poétiques de ce garçon un peu gauche et trop timide. Le 24 janvier 1952, à la fin de son récital, Patachou s'adresse et présente Georges Brassens à son public. Il entonne « La mauvaise réputation », « Brave Margot », « Les amoureux des bancs publics », « Le gorille » et c'est le succès. « Comme école, j'ai d'abord eu mon oreille. Mais c'est très suffisant pour la musique, l'oreille. Sans doute pour le reste aussi. »
L'écriture poétique et musicale
Le jazz
L’attachement de Georges Brassens pour le jazz, genre musical qui a marqué son parcours artistique, s’est manifesté dès l’âge de dix ans et a constitué un élément déterminant de son inspiration. Dès la parution de ses chansons, ce sont aussi les jazzmen qui s’intéressent le plus à ses musiques. On retrouve l'influence évidente du Jazz dans ses chansons construites, pour la plupart, comme des « standards ». « Je suis un forcené de la musique de jazz. » « Je suis né avec Django Reinhardt, avec Armstrong, avec Duke Ellington. On commençait alors à entendre des trucs de jazz qu'à Sète nous aimions bien, entre copains. »
La traversée des mots
L'écriture est omniprésente dans la vie de Georges Brassens. Sous sa plume, les mots se cherchent, s'opposent, se croisent, se mélangent pour donner naissance à des centaines de textes. Georges Brassens est un maître du langage, un orfèvre des mots. Les chansons touchent toujours à la perfection. « Je ne pense pas être un poète... Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi... Je ne suis pas poète. J'aurais aimé l'être comme Verlaine. »
La mélodie
Georges Brassens était-il plutôt poète ou musicien ? La question est posée, mais la réponse est évidente. Poète, il cisèle, joue des registres populaires et littéraires, et construit un monde plein d’image, d’humour et de tendresse autour de thème intemporel. Musicien, il met ces paroles en relief. Chaque contretemps, chaque accent épouse le mouvement de la phrase. Sa musique, volontairement sobre, met en valeur chaque mot sans le masquer. On ne peut donc le réduire à l’une ou l’autre étiquette : son génie réside précisément dans cette harmonie entre poésie et chanson. « Quand les mots sont en place, le rythme des vers dicte celui de la musique : c’est le plus facile. Chez moi, tout part des mots, je suis un amoureux des mots. »
L'Homme public et artistique
La place publique
La place publique, face à l'étang de Thau, où bruissent les chansons de Georges Brassens, propose un rendez-vous en écoute libre le long des portées musicales géantes. Assis sur un « banc public », le visiteur découvre les images de Sète et celles de Paris avec les copains. On aperçoit également côté colline le bestiaire de Georges Brassens réuni : le gorille, la cane, le chat... « Quand j’aime c’est une fois pour toutes. »
Affinités amoureuses, amicales et artistiques
Georges Brassens plaçait l’amitié au cœur de sa vie. Fidèle à ses proches, il cultiva des relations sincères et durables, aussi bien dans son cercle intime que dans le milieu artistique. Discret en amour, il partagea son existence avec Püpchen, sa compagne de toujours, au sein d’une union libre fondée sur la complicité et la confiance. Pour Brassens, amitiés, amours et création s’entremêlaient, formant une quête commune d’authenticité et de vérité humaine. « Ce qui importe, c’est la somme de tendresse, d’amour et de fraternité que peut donner un homme »
Projections dans l'auditorium
Georges Brassens était-il plutôt poète ou musicien ? La question est posée, mais la réponse est évidente. Poète, il cisèle, joue des registres populaires et littéraires, et construit un monde plein d’image, d’humour et de tendresse autour de thème intemporel. Musicien, il met ces paroles en relief. Chaque contretemps, chaque accent épouse le mouvement de la phrase. Cette salle permet de visionner les tours de chant de Georges Brassens sur grand écran. L’Espace Brassens propose une programmation culturelle dans l’auditorium : concerts conférences, rencontres avec des auteurs… « Tout est dit dans mes chansons. Seulement, ce n'est pas raconté de façon prosaïque, c'est enjolivé. L'essentiel est dedans... Alors à quoi bon en parler ? Si je me mets à parler, ça perd de son intérêt. Moi, je suggère. C'est le public qui fait le reste. »
L'Homme de Scène
Durant de nombreuses années, Georges Brassens a été en haut de l'affiche : Bobino, l'Olympia, le TNP et les tournées. Les disques se sont succédé et les chansons ont toujours connu le succès. Georges Brassens a, même, été acteur, une seule fois dans sa vie, pour le film « Porte des Lilas » de René Clair. « C'est toujours important d'avoir du succès, parce que c'est la preuve que ce que l'on fait atteint son but, c'est la preuve que mes chansons intéressent les autres. Je suis quand même content. »
L'Art d'être libre
Le libertaire
En 1946, après la publication d'un journal « Le cri des gueux » qui ne sera tiré qu'à un seul numéro, Georges Brassens évolue dans le milieu libertaire et envoie un article anonyme qui à sa grande surprise sera publié par le journal « le Libertaire ». Il collaborera à la rédaction de ce journal et adhèrera à la Fédération anarchiste de 1946 à 1948. Il y rencontrera Jacques Grello, chansonnier libertaire. Ses chansons aborderont les thèmes libertaires tels que l'antimilitarisme, l'anticléricalisme. « C'est pour moi une philosophie et une morale dont je me rapproche le plus possible dans la vie de tous les jours, j'essaie de tendre vers l'idéal. »
La supplique
Georges Brassens plaçait l’amitié au cœur de sa vie. Fidèle à ses proches, il cultiva des relations sincères et durables, aussi bien dans son cercle intime que dans le milieu artistique. Située avant la fin du parcours de visite, c'est une salle de transition, de passage, qui place le visiteur dans un environnement bleuté totalement onirique avec les mouvements de l'eau recréés au sol et un panorama de l'étang de Thau mettant ainsi en évidence la douce mélancolie des vers du poète. « Vous envierez un peu l'éternel estivant, qui fait du pédalo sur la vague en rêvant, qui passe sa mort en vacances ».